C’est une première : Swiss Moto communique désormais plus directement avec sa communauté, et je suis fier d’inaugurer cette nouvelle ère aux côtés de Walter Wobmann en tant que premier chroniqueur. Mon premier sujet concerne un problème qui prend malheureusement de l’ampleur : le rôle des médias sociaux dans le sport motocycliste.
Les médias sociaux offrent un potentiel immense. Ils connectent les fans aux athlètes, permettent une interaction nouvelle et créent une visibilité dont les générations précédentes ne pouvaient que rêver. Mais ils ont aussi leur côté sombre. De plus en plus souvent, ils sont détournés pour propager des discours de haine, des fake news et du cyberharcèlement ciblé.
Nous observons cette évolution avec une inquiétude croissante, non seulement chez Swiss Moto, mais aussi au sein de la FIM. Ce thème était récemment au centre d’une discussion de haut niveau lors de la réunion des directeurs généraux des 120 fédérations nationales de motocyclisme. La Finlande est particulièrement exemplaire en la matière, ayant lancé une campagne ciblée contre les comportements toxiques.
La fédération finlandaise Suomen Moottoriliitto ry (SML) a lancé la campagne #WeAreFinnishMotorcyclingFederation. Son objectif : renforcer l’unité dans le sport et lutter activement contre les comportements destructeurs, que ce soit dans le paddock, au sein du bénévolat ou sur les réseaux sociaux. La campagne met l’accent sur la communauté et la responsabilité collective pour réduire les discussions négatives et promouvoir une culture respectueuse dans le sport motocycliste.
Cette initiative est exemplaire car elle met en lumière un problème qui touche de nombreuses disciplines sportives. Une étude de World Athletics a révélé l’ampleur alarmante des abus en ligne dirigés contre les athlètes. Insultes, menaces et diffamations ciblées font partie du quotidien de nombreux sportifs, avec des conséquences dramatiques sur leur santé mentale et leur motivation.
Dans le monde du sport motocycliste, nous sommes une famille. Ceux qui propagent la haine sur les réseaux sociaux ne détruisent pas seulement des carrières individuelles, mais empoisonnent l’ensemble de l’environnement sportif. Chez Swiss Moto, nous prenons cette situation très au sérieux et nous agirons avec fermeté contre ces dérives. Cela ne signifie pas que la critique est interdite – au contraire. Mais elle doit rester constructive, objective et respectueuse.
Il est inacceptable que certaines personnes – qu’elles soient anonymes derrière un écran ou connues de tous – utilisent une plateforme censée être un espace de passion et de partage pour des jeux de pouvoir, des campagnes de haine et des critiques destructrices. En déversant leur frustration personnelle et en affichant leur incapacité à gérer les conflits, ces individus contribuent à une culture de discussion toxique. Cela empêche les utilisateurs bienveillants de s’exprimer librement, par peur d'être attaqués ou diffamés.
C’est pourquoi Swiss Moto prendra des mesures. Ceux qui soutiennent notre sport doivent le faire avec respect – ou pas du tout.
Chacun peut contribuer à cette cause : en refusant de relayer la haine et les fake news, et en privilégiant les faits et l’objectivité. Athlètes, fans, officiels, organisateurs – nous sommes tous responsables de la culture de notre sport. Nous devons le soutenir, plutôt que de l’empoisonner avec des accusations infondées ou des commentaires malveillants. Ceux qui ne sont pas prêts à respecter ces principes et qui se contentent de propager la négativité et la haine n’ont pas leur place dans notre environnement.
Nous sommes Swiss Moto ! Et comme le disent les Finlandais : « We are all part of this federation. » Travaillons ensemble pour que le sport motocycliste en Suisse reste un espace de passion – et non de haine. Car au final, il ne s’agit pas seulement de courses. Il s’agit de nos valeurs, de notre avenir et des générations futures de pilotes, qui doivent grandir dans un environnement positif.